n° 14, été 2008

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Meise, le Jardin aux 18.000 plantes!


Voici les gagnants du livre "Plantes, un autre regard" !

Dans la précédente édition de Musa, nous sollicitions votre opinion sur notre journal électronique. Les résultats sont très satisfaisants, la plupart des personnes qui ont répondu se disent très contentes de Musa.  Une main innocente a tiré au sort parmi eux le nom des dix personnes qui recevront le livre "Plantes, un autre regard", un livre très pratique et bien illustré sur les plantes toxiques couramment rencontrées dans le pays, édité par le Jardin botanique nationale en collaboration avec le Centre Antipoisons.

Voici les heureux gagnants:  Claudio Romanini, Jeroen Vandenborre, Kristel Keppens, Cécile Desclodures, Maurits Josson, Roger Mebis, Lieve Marechal, Bart Pijpers, Catherine Leclercq en Dominique Bricart.

Nous vous remercions encore chaleureusement pour votre participation à l'enquête, qui nous permettra, nous l'espérons, de répondre au mieux à vos attentes.
Musa est le nom scientifique du bananier.


  • Deux nouvelles espèces étonnantes 

Le Dr Piet Stoffelen du Jardin botanique, l’un des spécialistes mondiaux de la famille des caféiers, a décrit deux espèces nouvellement découvertes, étape sans laquelle le développement industriel ne verrait pas le jour en pharmacologie, agriculture, sylviculture,... Le Coffea charrieriana produit des grains de café dépourvus de caféine.  Pour l’industrie, cela signifierait un double avantage : une étape de transformation des grains en moins, et la production d’un ″vrai″ décaféiné  car la décaféination artificielle n’est jamais totale. 

Le Coffea anthonyi est, lui, auto-fécondant  – fait rarissime chez les caféiers – : une caractéristique très utile pour l’amélioration des caféiers cultivés, et de plus il ne dépend pas, comme la majorité des caféiers, de la présence d’autres individus de son espèce pour être fécondé, ce qui facilite grandement la production de grains de café.

Les noms se réfèrent au Dr Charrier et au Dr Anthony, agronomes de l’Institut de Recherche pour le Développement de Montpellier qui ont découvert ces plantes au Cameroun.  Ils ont fait alors appel aux connaissances botaniques du Dr Stoffelen pour les étudier scientifiquement.


  • Un bulbe de 18 kg à Meise

Deux pots de fleur géants viennent d’apparaître dans la Serre Mabundu du Palais des Plantes (n° 5 sur le plan).  Tels de bonnes fées, nos jardiniers vont veiller jalousement aux soins apportés à ces curieux berceaux : chaque pot recèle en effet un bulbe du célèbre arum titan (Amorphophallus titanum), offerts par le Botanische Gärten de Bonn.  L’un pesait 18 kg, et l’autre ″seulement″ 9,7 kg. Ces bébés exigeants ont besoin d’une température constante de minimum 24°C, ainsi que d’une humidité élevée.

Dans la nature, l’arum titan pousse dans les forêts tropicales moites de Sumatra. Le bulbe produit soit une feuille unique, soit une gigantesque inflorescence. Un gros bulbe peut engendrer une feuille de 6 m de hauteur ! Dans Mabundu, chacun des bulbes est en train de former une feuille.  Mais c’est l’inflorescence qui est vraiment spectaculaire : un arum de 3 m de haut, qui dégage une insupportable odeur de viande pourrie pour attirer les insectes pollinisateurs. Espérons que dans les années à venir, nous pourrons voir ce titan ″en vrai″...



  • Données de référence africaines digitalisées 
Quatre ans d’un intense travail de bénédictin financé par la Fondation Andrew W. Mellon (USA) viennent de mener à l’aboutissement du programme African Plants Initiative (API) au Jardin botanique.  Notre équipe a vérifié toutes les données relatives aux 22.300 spécimens africains de l’Herbier, ceux-ci ont été digitalisés et ce trésor d’informations est venu enrichir la bibliothèque API préexistante (www.aluka.org).

A travers le monde, 50 institutions ont fait de même afin de digitaliser autant d’informations que possible sur les plantes africaines.  API porte sur les spécimens-types, c’est-à-dire des exemplaires uniques qui constituent la référence mondiale pour l’identification de l’espèce, une sorte de carte d’identité et souvent le premier spécimen de l’espèce collecté par les scientifiques.  API rend désormais la documentation de référence sur les plantes africaines accessible à l’échelle mondiale, y compris pour la recherche africaine. Riche de cette expérience, le Jardin botanique vient maintenant d’obtenir un nouveau financement pour digitaliser tous ses spécimens-types non africains.



  • Les plantes tinctoriales, un trésor d’antan

L’Antiquité nous a livré les preuves que les peuples méditerranéens extrayaient déjà des plantes des teintures naturelles pour leurs tissus. C’est la gaude (Reseda luteola) qui fournissait le colorant jaune, et la garance (Rubia tinctorum, photo) le rouge. L’archéologue britannique Carter a aussi retrouvé des textiles teints avec cette plante dans la tombe de Tout-ankh-Amon (vers 1330 avant JC).  La racine de l’orcanette des teinturiers (Alkanna tinctoria) produit quant à elle une teinture violette qui, jusqu’il y a peu, était utilisée comme colorant alimentaire.

Jules César raconte qu’avant la bataille, les Bretons d’Angleterre s’enduisaient le corps d’indigotine bleue extraite des feuilles de pastel (Isatis tinctoria).  Plus tard, son utilisation a été supplantée par celle de l’indigotier (Indigofera tinctoria).  De nos jours, quelques fabricants de jeans utilisent encore cette plante. Ne manquez pas la floraison de ces belles plantes, cet été, dans l’Herbetum (n° 17 sur le plan) !


  • La jacinthe d’eau, belle et redoutable 

La jacinthe d’eau (Eichhornia crassipes) pousse dans le bassin amazonien, au Brésil. Les pétioles (″tiges″) des feuilles contiennent de l’air, ce qui permet à la plante de flotter à la surface de l’eau.  En été, ne manquez pas d’admirer ses délicates fleurs mauves dans la Serre Mabundu du Palais des Plantes (n° 5 sur le plan). 

Cependant, dans les tropiques, hors de sa région d’origine, la plante est très invasive car les prédateurs qui régulent naturellement son extension ne l’ont pas accompagnée.  Elle se propage alors à vive allure au point de former d’immenses tapis denses qui éliminent les espèces locales, végétales et animales, faute de lumière et d’oxygène, et gênent même les bateaux. La plante est combattue de diverses façons avec des auxiliaires écologiques comme des chenilles, de l’arrachage mécanique ou du chimique.  Certes, les fines racines de la plante purifient l’eau en absorbant les polluants, mais les dégâts qu’elle occasionne sont plus coûteux que les avantages des tentatives de valorisation de la plante. 



  • Le mp3 au Jardin botanique

Cette année, le Conseil Bruxellois des Musées a lancé les MuseumTalks, concernant 35 musées de la région bruxelloise.  Différents artistes, figures médiatiques ou simples visiteurs font partager un coup de coeur: en deux minutes, ils développent de manière spontanée un sujet ou un thème qui les a séduits, et ce en 25 langues différentes.  Cliquez sur le fragment de MuseumTalks en fonction du musée, du thème ou de la langue sélectionnée et vous entendez le commentaire à partir de votre ordinateur.

Vous pouvez écouter une étudiante espagnole qui parle avec enthousiasme d’un cacaoyer du Jardin botanique, tandis que le séquoia géant (photo) est commenté en néerlandais.  D’ici peu un fragment en français figurera également au menu.  Soyez curieux, téléchargez gratuitement les MuseumTalks les plus sympas sur votre gsm ou votre mp3, et faites de nouvelles découvertes!
Musa est le nom scientifique du bananier.




Promenades

  • Promenade dans l’histoire du Jardin botanique national - Jusqu'au 30 juin 08

Parcourez à votre tempo le vert domaine sous l’angle de son histoire.  La serre de Balat, l’Orangerie, la glacière,... vous fournissent l’occasion de vous promener dans des parties peu connues du Jardin botanique national, et de redécouvrir un pan passionnant de notre histoire. 

  • Promenade libre parmi d’exquis végétaux  - 1er juillet - 31 août 08

Bien des aliments courants, «bien belges», tels que les frites, la soupe aux tomates ou le chocolat proviennent de loin, comme ici d’Amérique centrale.  Mais comment sont-ils arrivés chez nous ? Que racontent-ils de leur origine? Un dépliant vous guide parmi les plantes les plus intéressantes en vous contant mille anecdotes sous l’angle gourmand.

Choisissez votre tempo pour ces promenades ; vous recevez un dépliant gratuit à l’entrée, avec un itinéraire fléché. 






Happening d’été Jardins & Loisirs - 6 - 8 juin 08

Ne ratez pas la Foire aux plantes favorite des amateurs de jardinage, que ce soit pour un joli pot sur un balcon ou pour un grand jardin, ou si vous cherchez une plante introuvable.  Et c’est l’occasion idéale d’en profiter pour vous promener à travers les collections du Jardin botanique.  Tous renseignements sur le Happening au 014/28.60.80.

Balade gratuite en voiture à chevaux au Jardin botanique

Montez dans la voiture tirée par deux fiers chevaux brabançons et baladez-vous au rythme tranquille de leur pas dans le domaine historique, à travers les collections végétales en habits d’été. Différentes haltes vous permettent de descendre ou monter de la voiture quand et où vous le voulez.  La balade est gratuite! Balades les 14, 15, 28, 29 juin; 12, 13, 26, 27 juillet; 16, 17, 30, 31 août; 13, 14, 27, 28 septembre; 11, 12, 25, 26 octobre.

Expositions 

  • A la découverte de la banane orange ″Des bananes pour la vie″ –  Jusqu’au 12 octobre 08 

Eve n’aurait-elle pas fait craquer Adam avec une banane ? Presque parfait, ce fruit s’est répandu dans le monde entier.  Mais savez-vous qu’il en existe un millier de variétés? De culture facile, la récolte s’effectue toute l’année; aussi les bananes à cuire constituent-elles un aliment de base pour plus de 400 millions de personnes, l’équivalent du riz pour les Asiatiques.  Un véritable trésor dans le triste contexte des émeutes de la faim.

Malheureusement, une seule espèce est désormais massivement commercialisée en Occident.  Or, protéger la diversité des bananes, c’est conserver des résistances et des qualités biologiques différentes, c’est le moyen le moins coûteux pour lutter contre les ravageurs et les maladies.

Outre la présentation d’espèces ici quasi inconnues, comme la banane orange ou la banane veloutée, l’exposition accueillie au Jardin botanique national explique le rôle de la cryoconservation des plantules dans l’azote liquide en passant par les premières cultures, il y a 10.000 ans.  Un rendez-vous à ne pas manquer !

  • La sculpture contemporaine du Zimbabwe - Jusqu’au 2 novembre 08

La sculpture contemporaine du Zimbabwe est renommée à travers le monde.  Inspirée des riches traditions spirituelles du pays, les belles pierres comme la serpentine, le marbre ou les pierres semi-précieuses revêtent ici des formes modernes.  A admirer dans l’Orangerie et les alentours; les oeuvres sont en vente.

Musa est le nom scientifique du bananier.


  • Le noyer purgatif, l’or vert du désert 

Le noyer purgatif (Jatropha curcas) est un petit arbre originaire d’Amérique centrale, apparenté à l’Hevea brasiliensis qui produit le caoutchouc.  Jadis, on fabriquait à partir des graines un puissant laxatif ainsi qu’un désinfectant et du sirop contre la toux. Le noyer purgatif est aussi utilisé dans tous les continents comme plante colonisatrice des régions désertiques tropicales, car elle résiste très bien à la sécheresse. Planté autour des champs, elle protège le sol de ces derniers de l’érosion causée par le vent et la pluie.  De plus, cette clôture vivante, par ses composants toxiques qui indisposent les animaux, protège les récoltes contre les brouteurs et maintient les sauterelles à distance par son parfum repoussant.

Enfin, les graines du noyer purgatif contiennent 35 % d’une huile qui peut être utilisée comme agro-carburant avec deux qualités majeures : de haut rendement, la culture du noyer purgatif n’exige pas de pesticides grâce à ses qualités insecticides et fongicides. De plus, poussant en zones arides, elle ne prend nullement la place de cultures vivrières.

Venez admirer ce champion dans la Serre Mabundu du Palais des Plantes (n° 5 sur le plan) lors de votre prochaine visite !

Musa est le nom scientifique du bananier.
  • Le jardin, un chouette terrain de jeux !

Donnez envie à vos petits loups de quitter leur console de jeux ou leur télévision  pour jouer au jardin avec notre nouvelle collection "Kids in the garden".
Un joli plantoir, un set de jardinage sympa, un coussin moelleux pour les genoux encourageront les enfants à jardiner et à respirer le bon air.  Même sous la pluie, ils s'amuseront ensemble, armés d'un petit parapluie multicolore et d'un bel imperméable!



  • Annuelles, bisannuelles

Rares sont les ouvrages qui abordent le thème des fleurs annuelles, bisannuelles et vivaces non rustiques, pourtant les reines du fleurissement. Les conseils de culture et d’aménagement sont largement développés dans cet ouvrage, et la partie encyclopédique est très complète. Les plantes les plus représentatives du marché sont décrites de façon détaillée et les variétés les plus méritantes sont citées. Plus de 1.400 photographies illustrent cet ouvrage où vos yeux peuvent vagabonder au fil des pages avant d’entrer dans les explications techniques et botaniques.

Annuelles, Bisannuelles par Chantal Binard, édité par Horticolor, collection «Guide des Végétaux», 249 pages, prix: 37,35 Euros

Vous trouverez à la Boutique le livre de jardinage que vous ne trouverez pas ailleurs!

Pour commander votre exemplaire, cliquez ici.

Musa est le nom scientifique du bananier.

Editeur
Jardin botanique national de Belgique

Musa est réalisé par le Service Educatif avec la collaboration de la cellule informatique.
Merci à Francine Demuylder pour sa contribution.

Rédacteur en chef
Dr. Gert Ausloos
Photos
Botanische Gärten Bonn, Paul Borremans, Frieda Billiet et auteurs anonymes.

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