n° 15, automne 2008

Quoi de neuf au Jardin botanique?

A ne pas manquer

Zoom sur...

La Boutique

Meise, le Jardin aux 18.000 plantes!
Musa est le nom scientifique du bananier.
  • Succès titanesque pour l’arum titan

5 août 08: branle-bas de combat au Jardin botanique.  Les trois jours de floraison de l’inflorescence de l’arum titan (Amorphophallus titanum) attireront 8.000 visiteurs; devant l’affluence, le Palais des Plantes ne fermera ses portes qu’à 23 h 30! Le tubercule de 9,7 kg a surpris tout le monde: il était en principe trop petit pour produire une fleur, mais la nature en a décidé autrement. Les 156 cm de hauteur de l’inflorescence étaient toutefois assez modestes pour cette espèce géante qui peut atteindre 3 m. Maintenant le tubercule, ayant épuisé toutes ses ressources, est entré en dormance.  D’ici six semaines à six mois, il devrait produire une feuille, unique mais immense: grâce au processus chimique de la photosynthèse par laquelle la plante se nourrit, la feuille enverra des nutriments au tubercule qui reprendra des forces... sans quoi il mourrait. 

  • Un doublé exceptionnel pour l’arum titan

Incroyable ! Moins d’un mois après la floraison de l’arum titan, son frère jumeau, le second tubercule, produit lui aussi une inflorescence.  Mais il pèse 18 kg – d’où son nom: Hercule –, ce qui promet une taille considérable par rapport à la précédente, issue d’un modeste tubercule de 9,7 kg.  La croissance est rapide, l’on estime que l’inflorescence, ayant atteint sa taille maximale, devrait s’ouvrir début septembre.  Suivez chaque jour les progrès d’Hercule ainsi que l’annonce de la date précise à laquelle l’inflorescence s’épanouira pour trois jours sur la page d'accueil et n’hésitez pas à profiter des avantages du Pass pour venir le voir régulièrement, comme le font bien des visiteurs séduits par le jeune titan. 



  • OVNI signalés à Meise

Dès les premiers jours de vent d’automne, des objets volants non identifiés sont signalés dans le Fruticetum (n° 17 sur le plan). Certains remarquent de petites soucoupes volantes, d’autres parlent d’ailes tournoyants ou d’hélices. Serait-ce le début d’une invasion extraterrestre? Pas vraiment: ces étranges formes dynamiques sont des bébés plantes.  Les formes aérodynamiques de nombreuses graines et fruits d’arbres leur permettent d’utiliser la force du vent pour se disperser. Ils flottent dans les airs ou y tournoient et parcourent ainsi des dizaines de mètres. Cela donne des chances à la graine de germer à un endroit qui bénéficie d’une lumière qu’elle n’aurait pas sous la cime de l’arbre-mère. 

Les graines des érables (Acer spp.) font la joie des enfants: on dirait une paire d’ailes qui tournoie dans l’air comme de petits hélicoptères, c’est à qui les attrapera le premier ! Les fruits du tilleul eux aussi (Tilia spp.) tombent au sol en dessinant des cercles. Quant aux fruits en forme de disque du cyclocarier de Chine (Cyclocarya paliurus, photo), ils peuvent atteindre jusqu’à six cm de diamètre, de véritables soucoupes volantes !



  • Un oiseau rare au Palais des Plantes

En avril dernier, le Clavija cauliflora a fleuri pour la première fois dans la Serre des Moussons (serre M). Le fin tronc noueux s’est couvert de petites fleurs orange vif sphériques.  C’est Guy Reubrecht, l’un de nos jardiniers, qui avait ramené de Colombie une bouture de cette plante en 1984.  Grosse surprise: le Dr Bertil Stahl, de l’Université de Gotland (Suède), spécialiste de ces plantes, nous a informés que notre spécimen était la seule plante femelle connue de cette espèce, les autres exemplaires de collection étant des pieds mâles. Elle nous a demandé de lui envoyer quelques-unes de ces fleurs rares pour les étudier, ce que nous avons fait avec plaisir. En effet, il est impossible d’identifier une espèce végétale avec précision tant que celle-ci n’a pas fleuri.  Voilà une belle illustration de ce qu’apporte la richesse de nos collections à la science. 



  • Les centenaires du Jardin botanique

Musa 13 évoquait les plus anciens vieillards des serres, les arbres à pain du Cap (Encephalartos altensteinii). Mais les collections de plein air recèlent également leurs ancêtres.  L'un de nos historiens "maison", Stefan Vidts, a établi, par de longues recherches, que l’aménagement général que revêt aujourd’hui le Jardin botanique fut arrêté entre 1805 et 1818, notamment sous l’influence de l’architecte français Verly. On peut encore admirer plusieurs arbres de cette époque, devant le Château (n° 3 sur le plan) par exemple. Un énorme frêne monophylle (Fraxinus excelsior 'Diversifolia', photo) constitue une curiosité par ses feuilles simples, à la différence du frêne commun qui a des feuilles composées. A proximité, un grand hêtre pourpre (Fagus sylvatica), se dresse majestueusement à côté de son cousin aux feuilles vertes. Datant de 1805, ces trois seniors présentent un âge avancé pour leur espèce. Un peu plus loin se dresse un beau cyprès chauve (Taxodium distichum), datant de la même année. 

De l’autre côté du Domaine, un magnifique aulne noir de 1818 aux feuilles laciniées, joliment découpées (Alnus glutinosa 'Lacinata') vous attend devant le Temple de l’Amitié (n° 9 sur le plan). On estime que les deux fiers châtaigners (Castanea sativa) de l’étang de l’Orangerie (n° 33 sur le plan) auraient été plantés vers 1790.  Cette essence était choisie pour sa rentabilité : son bois était utilisé en menuiserie, et ses châtaignes nourrissaient hommes et animaux.  Ne manquez pas de venir admirer les belles couleurs automnales de ces géants!



  • Le Jardin botanique aux Jeux olympiques de Pékin!

Dès juillet 08, l’Académie des Sciences de Chine, la Ville de Pékin et le réseau international des jardins botaniques (Botanic Gardens Conservation International) organisaient à Pékin une exposition sur les jardins botaniques à destination du public et des participants des Jeux olympiques. Le Jardin botanique national figurait parmi les 80 institutions du monde entier participant à l’exposition, expliquant l’utilité de la recherche scientifique en botanique et les actions concrètes mises sur pied pour sauvegarder la biodiversité végétale. Des aspects aussi variés que notre travail sur la flore belge, notre banque de graines, nos collections de plantes très menacées telles que les violettes africaines (Saintpaulia, photo) ou notre collaboration avec le jardin botanique de Kisantu (RD du Congo) témoignaient du panel des activités du Jardin botanique, au niveau local et international.  Plus d’informations sur first world botanic gardens exhibition.

  • La Serre de Balat ouverte au public

Dessinée en 1853 par Alphonse Balat, l’architecte qui a conçu les célèbres serres royales de Laeken, la serre est désormais ouverte au public. Initialement, cette élégante petite construction, coiffée d’une couronne, était édifiée au Parc Léopold à Bruxelles. Elle abritait les nénuphars géants tropicaux.  En 1878, elle a déménagé au Jardin botanique de Bruxelles (“Le Botanique”), avant d’être transférée à Meise en 1941. Elle héberge aujourd’hui une partie de notre collection d’agaves, ce qui permet aux visiteurs d’admirer ces belles plantes ainsi que l’intérieur de la construction. Les agaves se prêtent bien à l’atmosphère de cette serre. Au 19ème s., lorsque l’horticulture belge était florissante, les agaves étaient particulièrement à la mode. De nombreux cultivars rayés de blanc ou de jaune ont vu le jour à cette époque par sélections horticoles. Dans la Serre de Balat (n° 8 sur le plan), vous rencontrerez également des espèces sauvages découvertes par des Belges.  Leur nom évoque différents spécialistes de plantes : Agave kerchovei, A. ghiesbreghtii ou A. x leopoldii qui honore Léopold II depuis 1893.  Plus de cent agaves vous attendent ainsi dans la serre, comme l’agave zébré ou celui qui produit la téquila ou le sisal.

Musa est le nom scientifique du bananier.




  • Promenade parmi les arbres de nos régions du 1er septembre au 15 octobre 2008

Découvrez, à votre rythme, "Meise sauvage" (n° 19 sur le plan), une partie bucolique du Jardin botanique où la végétation spontanée des prairies et des forêts est à l’honneur. Tout en jouissant de la beauté de nos sous-bois, vous irez à la rencontre des arbres splendides de nos régions... qui, justement, auront revêtu leurs plus chatoyantes couleurs automnales. Si vous êtes avides d’anecdotes passionnantes à leur sujet, demandez le dépliant –gratuit !– à la Caisse ou à la Boutique.  

  • Balade gratuite en voiture à chevaux au Jardin botanique les 13, 14, 27, 28 septembre et 11, 12, 25, 26 octobre 2008

Montez dans la voiture tirée par deux fiers chevaux brabançons et baladez-vous au rythme tranquille de leur pas dans le domaine historique, à travers les collections végétales, dans leurs pourpres et ors automnaux. Différentes haltes vous permettent de descendre ou monter de la voiture quand et où vous le voulez.  La balade est gratuite ! 

  • Nocturne au Jardin botanique national le 30 octobre 2008 de 17h à 21h

Découvrez la magie nocturne des fleurs exotiques dans les serres, puis entrez dans le trésor silencieux de l’herbier géant, dans le secret des coulisses de la recherche... Différents guides vous attendent le long du parcours pour vous donner des explications. 

De 17 h à 21 h

Entrée : 2,50 € ; 1 € jusqu’à 25 ans inclus

Dans la cadre des 'Nocturnes des Musées bruxellois'









Expositions 

  • "A la découverte de la banane orange. Des bananes pour la vie"  jusqu’au 12 octobre 08 

Eve n’aurait-elle pas fait craquer Adam avec une banane ? Presque parfait, ce fruit s’est répandu dans le monde entier.  Mais savez-vous qu’il en existe un millier de variétés? De culture facile, la récolte s’effectue toute l’année; aussi les bananes à cuire constituent-elles un aliment de base pour plus de 400 millions de personnes, l’équivalent du riz pour les Asiatiques.  Un véritable trésor dans le triste contexte des émeutes de la faim.

Malheureusement, une seule espèce est désormais massivement commercialisée en Occident.  Or, protéger la diversité des bananes, c’est conserver des résistances et des qualités biologiques différentes, c’est le moyen le moins coûteux pour lutter contre les ravageurs et les maladies.

Outre la présentation d’espèces ici quasi inconnues, comme la banane orange ou la banane veloutée, l’exposition accueillie au Jardin botanique national explique le rôle de la cryoconservation des plantules dans l’azote liquide en passant par les premières cultures, il y a 10.000 ans.  Un rendez-vous à ne pas manquer! L’entrée de l’exposition est comprise dans le ticket d’entrée.

  • Concours international d’art floral du 26 au 28 septembre 2008

La Belgian Flower Arrangement Society, qui regroupe des amateurs d'art floral de haut niveau, organise tous les deux ans un concours international d'art floral.  Cette année, le thème est "Le voyage de l'eau de la source à la mer". Des compositions florales de tous styles vous y attendent : romantiques, modernes, sophistiquées,... Un festival de couleurs et de formes à ne pas manquer ! L’entrée de l’exposition est comprise dans le ticket d’entrée.

  • "Portaits de plantes.  Aquarelles et dessins scientifiques du Jardin botanique national"  du 25 octobre 2008 au 1er février 2009

Six dessinateurs spécialisés du Jardin botanique national, d’hier et d’aujourd’hui, présentent exceptionnellement leurs oeuvres au public.  Une merveille de précision et de virtuosité, et un outil de recherche scientifique méconnu que la photographie n’arrive pas à égaler.  A ne pas manquer au château de Bouchout! L’entrée de l’exposition est comprise dans le ticket d’entrée.

A l’occasion de la semaine “Art et Nature”, du 11 au 19 octobre 2008, l’exposition "Portraits de plantes" est accessible gratuitement à la Maison Communale d’Evere, 10, square Hoedemaekers à 1140 Evere à l’initiative de l’asbl ″Art et Nature″ (ARNA).

Musa est le nom scientifique du bananier.


  • Le callicarpe aux baies éclatantes

D’ici quelques semaines, votre regard sera attiré par les baies violacées, éclatantes, des différentes espèces de callicarpes (Callicarpa spp.) des massifs (n° 13 sur le plan) en face de la Serre Victoria. En général, les fruits de la plupart des arbustes se colorent en mûrissant afin d’être remarqués par les oiseaux. Ceux-ci, en mangeant la pulpe des baies et rejetant les graines dans leurs déjections, contribuent ainsi à la dissémination des plantes. Mais le callicarpe commun (C. bodinieri) est originaire de Chine : ses baies n’attire pas à nos oiseaux européens, au grand bonheur du jardinier qui profite longtemps du spectacle de ces fruits très décoratifs sur les branches, même dénudées. 

Le callicarpe appartient à la famille des Verbénacées, autrement dit des verveines, à laquelle appartient par exemple le teck (Tectona grandis), un arbre gigantesque de la forêt tropicale. Son cousin des Etats-Unis, le callicarpe d’Amérique (Callicarpa americana), porte des baies violettes qui repoussent les insectes. Dans l’Etat du Mississipi, on dispose depuis toujours des feuilles froissées de callicarpe autour du harnais des chevaux de trait. Elles produisent une substance huileuse qui chasse les insectes piqueurs. Depuis quelques années, les chercheurs de l’Agricultural Research Service (USA) ont réussi à isoler la substance active de la plante : le callicarpénal ;  la recherche se poursuit pour établir si cette molécule pourrait avoir des applications commerciales sous forme de répulsif anti-insectes. Autre avantage non négligeable du callicarpénal : il fait également fuir les tiques, vectrices de la dangereuse maladie de Lyme.
Musa est le nom scientifique du bananier.
  • Joyaux naturels

Préférez-vous l’élégance, parfaite dans la pureté de ses formes, d’une feuille d'érable (photo), de ginkgo (Ginkgo biloba) ou la sculpture baroque d’une fleur d’orchidée ? Ces végétaux, trempés dans un bain d’or, se transforment en bijoux d’une grande classe.  Un grand choix de ces petites merveilles naturelles vous attendent à la Boutique pour des cadeaux d’un chic fou !


  • Dans la foulée des Jeux olympiques

Peter Valder, botaniste de l’Université de Sydney, nous emmène à la découverte de la culture chinoise et de la magie de ses jardins avec son livre "Gardens of China". Ces derniers s'attachent à donner l'illusion du naturel dans leur aménagement et l’eau y tient une place centrale. Ce beau livre en anglais est bien illustré, comprenant même des clichés et dessins anciens.  Il nous fait découvrir la valeur historique de ces jardins fascinants, la symbolique des plantes utilisées, etc.  L’auteur, passionné par son sujet, arrive fort bien à faire entrer les occidentaux que nous sommes à l’intérieur de l’âme chinoise.  

 

"Gardens in China" par Peter Valder, édité par Timber Press, 2002, 400 pages, prix: 55 Euro.

Vous trouverez à la Boutique le livre de jardinage que vous ne trouverez pas ailleurs!

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Musa est le nom scientifique du bananier.

Editeur
Jardin botanique national de Belgique

Musa est réalisé par le Service Educatif avec la collaboration de la cellule informatique.
Merci à Francine Demuylder pour sa contribution.

Rédacteur en chef
Dr. Gert Ausloos
Photos
E.a. Jardin botanique national de Belgique et BFAS.

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Domaine de Bouchout
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