n° 20, hiver 2009

Quoi de neuf au Jardin botanique?

A ne pas manquer

Zoom sur...

La Boutique

Meise, le Jardin aux 18.000 plantes!
Musa est le nom scientifique du bananier.


  • Le monde à l'envers

Pour les plantes sauvages de nos régions, il est d’une importance vitale de pousser et de fleurir au bon moment, par exemple pas au coeur de l’hiver. Aussi, différents pigments et protéines de ces plantes leur permettent-elles de mesurer le progrès des saisons. Les végétaux réagissent également à la température et à la longueur des jours. Ils adaptent ainsi leur croissance aux saisons, ce qui explique que c’est au printemps et en été que vous trouverez le plus de fleurs car les conditions (durée d’ensoleillement, présence de butineurs,..) y sont les plus favorables.

A l’opposé, les aloés, les acacias, les plantes cailloux et plusieurs espèces de bruyères de la serre Sèche et de la serre Méditerranéenne sont en pleines fleurs actuellement.  En effet, ces plantes proviennent de l’hémisphère Sud, où règne l'été pour le moment. Manifestement, ces végétaux possèdent une horloge biologique interne qui n’est pas influencée par leur environnement.  Les botanistes commencent seulement à comprendre peu à peu comment fonctionne ce mécanisme, qui semble en tout cas inébranlable : ainsi l’aloès d’Andringitra  (Aloe andringitrensis) de Meise fleurit chaque année fidèlement en décembre, le moment idéal pour lui... à Madagascar.


  • Le Corokia, un arbuste complexé?

La plupart des plantes développent des branches ou des tiges qui poussent vers l’extérieur. Mais la Nouvelle-Zélande, comme d’autres îles, abrite un monde végétal et animal bien étrange. A l’origine, il n’y avait presque aucun mammifère, les principaux herbivores étaient les moas : 3 m de haut, 200 kg, ces oiseaux coureurs ressemblaient à des autruches. Les moas n’avaient pas de dents : ils attrapaient donc une partie de plante et la tiraient vers eux sans pouvoir la couper comme le fait un cheval. Avec le temps, les plantes ont développé plusieurs adaptations qui les ont protégées des moas : ainsi, 10 % de la flore indigène développe ses tiges vers l’intérieur de l’arbuste, il “se replie sur lui-même”.  Les fines branches, entremêlées l’une dans l’autre étaient ainsi difficilement accessibles au bec du moa. De plus, elles sont résistantes comme des câbles. Un plant d’arbuste zigzag (Corokia cotoneaster) représentatif de ces adaptations,  attend votre visite dans la Serre du Printemps, à droite de la statue. 

Quant aux moas, ils ont disparus : ils ont été mangés jusqu’au dernier par les ancêtres des Maoris après qu’ils se soient installés sur l’île. De nos jours, la végétation sauvage de Nouvelle-Zélande est malheureusement aussi menacée par l’introduction de cerfs dans l’île.


  • La renaissance de l'herbier congolais de Yangambi

Le Dr Steven Dessein, l’un des scientifiques du Jardin botanique, vient de revenir de l’une de ses missions à Yangambi (République démocratique du Congo). Cette cité, située sur le fleuve Congo, non loin de Kisangani, abrite le plus grand herbier du pays et même d’Afrique centrale. Riche de 150.000 spécimens, il compte près de 2.000 “types”. Un type est le spécimen d’herbier à partir duquel la première description scientifique d’une espèce a été réalisée : il demeure donc une référence mondiale. L’herbier a quelque peu souffert des troubles récents dans la région, mais le bâtiment a tenu le coup. Cependant, différents ravageurs menacent un quart des collections : coléoptères, rats,... Le Jardin botanique national, avec l’appui financier de l’Union européenne ainsi que du Ministère français des Affaires étrangères, assiste ses collègues congolais pour mettre en oeuvre les techniques appropriées pour sauver ce patrimoine inestimable : gaz, séchoir pour “cuire” les coléoptères, etc. Le programme mené par Steven et ses collègues s’inscrit dans la durée, avec comme objectifs la conservation puis l’extension des collections, l’encouragement de la recherche et la formation des populations locales afin de valoriser leur patrimoine et de préserver la riche biodiversité de la région.



  • La Semaine du Goût a bon goût
Pendant la Semaine du Goût, organisée en novembre par la Région flamande, la serre Mabundu a offert au public un assortiment de goûts, de parfums et de couleurs produits par les plantes tropicales. L’animation attira de nombreux visiteurs qui dégustèrent ou humèrent le subtil poivre de Jamaïque, la noix muscade, les mangues et autres caramboles, tout en admirant les plantes productrices sur pied. Les animateurs du Jardin botanique fournirent à l’occasion diverses explications sur le vanillier, une orchidée liane de 15 m de long qui doit être pollinisée fleur par fleur à la main, ou la différence entre les poivres vert, rouge, noir et blanc. Le succès fut tel que l’animation sera proposée à nouveau au public en mai prochain, dans le cadre du “Printemps des Musées” de la Communauté française : tenez notre agenda à l’oeil !
Musa est le nom scientifique du bananier.



Nous vous rappelons, chers Lecteurs, que le Jardin botanique est fermé le 25 décembre 09 ainsi que le 1er et le 4 janvier 10.

Nous vous souhaitons une très heureuse année nouvelle.     

  

  • 1er novembre 09 - 15 janvier 10 : Promenade ″Irrésistibles résineux″

Découvrez en parcours libre une incroyable variété de 350 conifères peu ordinaires ou aux formes étonnantes !  Un dépliant gratuit vous propose un itinéraire d’1 h 30 parmi céphalotaxus de Chine, cryptomeria du Japon, torreyas et autres séquoias. En savoir plus

 

  • Jusqu’au 31 décembre 09 : Le Parcours Darwin

Un parcours libre gratuit vous attend dans les serres du Jardin botanique.  Il aborde une dizaine de mystères botaniques, illustré par les plantes vivantes étudiées par le savant : comment les plantes carnivores attrapent-elles des insectes et les digèrent par leurs feuilles ? Pourquoi les orchidées se déguisent-elles en abeilles ? Refaites-y également vous-même plusieurs expériences étonnantes réalisées par Darwin. En savoir plus

 

  • 16 janvier - 20 mars 10 : Promenade ″Magie hivernale″

Venez découvrir en parcours libre la symphonie des fleurs et des parfums hivernaux dans les magnifiques collections de Meise. Un dépliant gratuit vous propose un itinéraire de 2 heures parmi bruyères des neiges, cyclamens de Cos, hamamélis,... Et n’oubliez pas le détour par les serres si vous rêvez de chaleur et d’exotisme ! En savoir plus

Musa est le nom scientifique du bananier.


  • L’idésia et ses cousins, une chinoiserie botanique

Si vous vous promenez ces jours-ci dans le Fruticetum, vous serez frappés par la flamboyance de l’Idesia polycarpa : ses magnifiques grappes offrent à l’oeil des baies qui vont du vert au jaune en passant par l’orange vif et même le rouge foncé. Ces fruits orneront l’arbre tout l’hiver car nos oiseaux ne les mangent pas. Les baies sont en revanche comestibles pour l’être humain, crues ou cuites.

Seules les plantes femelles portent des fruits, l’espèce est “dioïque”. Un pied mâle ne doit donc pas être loin pour se produisent ces splendides fructifications. L’arbre fleurit en mai-juin, en grappes légères de petites fleurs jaune-vert légèrement odorantes. Les grandes feuilles, en forme de coeur, comptent au moins 20 cm. En milieu naturel, l’arbre pousse en Chine, en Corée, à Taïwan et au Japon, dans des régions au climat comparable au nôtre, il résiste donc au gel. 

De nombreux magnolias, rhododendrons, pivoines et érables des collections du Jardin botanique proviennent de Chine, environ 10 % au total. D’ailleurs, le nom scientifique de plus de 120 espèces porte l’épithète “chinensis” ou “sinensis” : marronier de Chine (Aesculus chinensis), bouleau de Chine (Betula chinensis), glycine de Chine (Wisteria sinensis),... Au Jardin botanique, c’est chaque jour “Europalia Chine” !
Musa est le nom scientifique du bananier.




  • Nouveau: la confiture de chicons

Le chicon (Cichorium intybus) ou endive est un produit typique de la région de Bruxelles et des environs. La terre fertile brabançonne se prête admirablement à la culture de ces légumes qui n’existent pas à l’état sauvage. La tradition rapporte que ce serait le jardinier-chef Bressiers, du Jardin botanique, qui en aurait découvert le procédé : vers 1850, il aurait mis une forte couche de terre sur des racines de chicorée entreposées dans les caves du Jardin botanique, alors établi à Bruxelles. Ainsi serait né le chicon !

La Boutique propose maintenant de la confiture de chicons de pleine terre artisanale, additionnée seulement de sucre et de pectine de fruits. Idéale pour accompagner vos repas de fêtes !

  • Passionnément bonsaï

29 ans de passion partagée par les deux auteurs pour ces sculptures végétales que sont les bonsaï d’intérieur, d’extérieur et d’orangerie ont engendré ce livre. Une fiche par espèce offre des conseils d’entretien pratiques, minutieux, enrichis d’illustrations ainsi que de dessins des différents styles de taille adaptés à l’espèce. Parasites, maladies et remèdes complètent ce précieux manuel.  Glossaire et index rendent son utilisation très facile.  Un beau cadeau de fin d’année, pour débutants ou confirmés.

Isabelle et Rémy Samson, Comment créer et entretenir vos bonsaï, Editions Bordas, 2000, 192 pages

En promotion spéciale à la Boutique : € 30 au lieu de € 34,50

Vous trouverez à la Boutique le livre de jardinage que vous ne trouverez pas ailleurs!

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Musa est le nom scientifique du bananier.

Editeur
Jardin botanique national de Belgique

Musa est réalisé par le Service Educatif avec la collaboration de la cellule informatique.

Rédacteur en chef
Dr. Gert Ausloos
Photos
Jardin botanique national de Belgique, Bénédicte van Lidth et Steven Dessein

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