n° 23, automne 2010
Meise, le Jardin aux 18.000 plantes!
Musa est le nom scientifique du bananier.





  • 366 gestes pour la biodiversité

2010 a été décrétée "Année internationale de la Diversité biologique" par les Nations Unies. La "diversité  biologique" ou "biodiversité" est le nom savant pour désigner ce que l’on appelait auparavant la “nature” avec toutes les formes de vie qu’elle contient. On estime actuellement que l’être humain (qui fait bien sûr partie de la biodiversité) partage la planète avec au moins 15 millions d’espèces d’organismes vivants.

Toute cette diversité nous permet de manger, boire, avoir un toit, nous soigner, nous détendre.... La biodiversité, naturelle et gratuite, est la plus grande richesse de la Terre mais malheureusement, elle n’est pas éternelle. Notre manière d’habiter le monde mène à sa dégradation galopante, à la pollution et au gaspillage d’énergie.

Le petit livre "366 gestes pour la biodiversité" vous propose une astuce par jour pour donner un coup de pouce à la nature: comment cuisiner les pissenlits sauvages, limiter les dépenses d’énergie, utiliser les déchets verts pour votre jardin,… Téléchargez-le gratuitement sur www.biodiv2010.be. Vous pouvez également y télécharger un fond d'écran dynamique qui vous donnera un nouveau conseil chaque jour!

Tout au long de cette année, chaque numéro de Musa vous fera découvrir une facette étonnante de la diversité végétale.



  • Les 1.001 formes de la biodiversité
Une caractéristique de la biodiversité réside dans l’incroyable quantité de formes que la vie prend ou a pris de façon à s’adapter à un milieu. La Serre des Déserts (n° 5 sur le plan), par exemple, présente les cactus dont l’intérieur est en fait leur tige épaissie de manière à y stocker l’eau comme dans une citerne. La plante tortue (Dioscorea elephantipes) fait de même avec son gros tubercule qui émerge du sol. Sa surface est protégée par d’épaisses écailles qui lui donnent l’aspect d’une tortue. Les plantes grasses, comme le Kalanchoe et l’arbre de jade (Crassula ovata) accumulent quant à elles l’eau dans leurs feuilles charnues. Ces adaptations, toutes différentes l’une de l’autre, permettent aux plantes de résister à la sécheresse. Charles Darwin concluait ainsi son ouvrage L’Origine des Espèces : « Il y a de la grandeur dans cette vision de la vie,(...) depuis l’origine, (...) de très belles et de très merveilleuses formes vivantes, issues d’un commencement tout à fait simple, sont apparues et continuent sans fin d’apparaître par évolution ».


  • Le paradis des champignons

Les champignons poussent sous terre la majeure partie de l’année, sous forme de filaments. Quand la température et l’humidité sont favorables, ils développent une partie aérienne fertile. Leurs cellules de reproduction, les spores (« semence » en grec) s’y forment. Une fois mûres, elles se détachent du champignon et avec l’aide du vent, en assurent la multiplication en germant, développant un nouveau champignon.

Le Jardin botanique héberge de nombreuses espèces, même menacées comme les girolles ferrugineuses (Cantharellus ferruginascens). Certaines espèces prolifèrent sur le bois et les feuilles mortes, comme l’hygrocybe perroquet (Hygrocybe psittacina) et l'hygrocybe conique (H. conica, photo). Vous trouverez également des bolets sous les chênes et les hêtres, car arbre et champignon forment un partenariat gagnant-gagnant, la symbiose, en échangeant des sucres et des éléments nutritifs. Actuellement, nos spécialistes en champignons, les mycologues, ne savent plus où donner de la tête car la chaleur de juillet suivie de l’humidité d’août a fait pousser les champignons... comme des champignons.


  • Trois générations vouées aux nénuphars
Une trentaine de jardiniers entretiennent nos collections vivantes. Les 18.000 espèces hébergées au Jardin botanique proviennent des quatre coins du monde, aussi chacun de nos jardiniers est-il spécialisé dans quelques familles de plantes. Certaines plantes requièrent des soins très spécifiques, comme les nénuphars géants (Victoria) : le mélange ″maison″ de terre dans lequel ils poussent est particulier, les graines doivent être semées au moment adéquat, dans une eau à bonne température. Cela, on  ne l’apprend pas à l’école d’horticulture... Aussi nos jardiniers sont-ils en formation continue, grâce à l’expérience de collègues plus âgés et d'échanges internationaux. Lors de la réouverture de la serre des Nénuphars géants, trois générations de jardiniers responsables de ceux-ci étaient présents : René De Prins (2ème à gauche) a veillé sur eux de 1952 à 1990 ; Jan Vanden Eede (2ème à droite) a commencé son écolage avec lui à partir de 1972. Et en 2009,  c’est Gery Van Den Troost (à gauche) et Koen Van Renthergem qui ont pris le relai : l’avenir est assuré !


  • Des visiteurs de marque au Jardin botanique

Le Jardin botanique a eu l’honneur d’accueillir, fin août, Son Excellence Pisan Manawapat, ambassadeur de Thaïlande, accompagné de deux moines bouddhistes, Ajahn Vajiro et Anagarika Wei-Sen. L’ambassadeur était venu précédemment en visite privée au Jardin botanique avec sa famille, et il a tellement apprécié le domaine qu’il a tenu à le faire découvrir à ses hôtes, de passage en Belgique.

 Nos visiteurs ont reconnu au Palais des Plantes différentes espèces originaires d’Asie: le frangipanier (Plumeria rubra) par exemple, quoique provenant d’Amérique du Sud, est utilisé comme plante ornementale par les Thaïlandais. Ils ont appris avec étonnement que le piment (Capsicum), un ingrédient typique de la cuisine orientale, était en fait originaire d’Amérique. Autre surprise : nos frites si belges proviennent de pommes de terre (Solanum tuberosum) qui sont originaires des Andes.  Mais cela, beaucoup de nos compatriotes eux-mêmes le savent-ils ?! 



  • Sauvez la collection horticole Vavilov !

Un projet immobilier visant à la spéculation menace de disparition les 12.000 espèces horticoles de la précieuse collection créée en 1926 par l’agronome Nikolaï Vavilov. Les 500 hectares du domaine hébergeant cette vaste biodiversité se situent à Pavlovsk (Saint- Pétersbourg, Russie). Alors que de juin à août dernier, les incendies ont consumé 13 millions d'hectares, avec des centaines de variétés d'arbres, de plantes et de fleurs, les arbres fruitiers de Vavilov, ses petits fruitiers (groseilles,...) et autres espèces de la collection constituent une ressource unique, hélas vouée aux bulldozers. Seuls le président russe Medvedev et le premier ministre Poutine ont le pouvoir d'empêcher cette destruction.

Aidez les botanistes russes à sauver leurs collections en signant la pétition.

Plus d’informations sur http://www.the-scientist.com/blog/display/57617/

Musa est le nom scientifique du bananier.


















  • Balade gratuite en voiture à chevaux au Jardin botanique (les dimanches jusqu'à fin septembre 2010)

Montez dans la voiture tirée par deux fiers chevaux brabançons et baladez-vous au rythme tranquille de leur pas dans le domaine historique, à travers les collections végétales en habits d’été. Plusieurs haltes vous permettent de descendre ou monter de la voiture en différents endroits. La balade est gratuite!

  • Promenade ″Magie verte africaine″ (jusqu’au  9 janvier 2011)

Découvrez, en parcours libre, la prodigieuse biodiversité végétale africaine, du Sahara au Nil jusqu’aux forêts équatoriales congolaises.  Des conifères à larges feuilles vous surprendront autant que la welwitschia, un étrange dinosaure botanique. La brochure est gratuite avec le ticket d’entrée.

  • Vert si divers, les photographies enchantées de Tom Linster (jusqu'au 24 octobre 2010) 

Pour l’Année internationale de la Diversité biologique, le photographe Tom Linster illustre la somptuosité de la diversité végétale en exposant ses clichés des immenses collections vivantes du Jardin botanique national. Une merveille à ne pas manquer au château de Bouchout!

  • Exposition d’aquarelles de champignons (du 15 septembre au 19 octobre 2010)

 Le Jardin botanique veut honorer la passion et le travail de cinq artistes, parmi les plus talentueux, en exposant une cinquantaine de leurs aquarelles originales. Ce travail remarquable qui exige une véritable virtuosité sera exposé au Château de Bouchout. Exposition gratuite avec le ticket d’entrée.

  • Nuit des Chercheurs (vendredi 24 septembre 2010, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles)

De 18 h à 22 h, plusieurs scientifiques du Jardin botanique partageront avec les visiteurs la passion de leurs recherches les plus actuelles, les uns sur la récente expédition Congo River 2010, à laquelle ils ont participé, les autres sur la diversité végétale incroyable qui se niche dans des villes comme Bruxelles. Des chercheurs de nombreuses autres institutions belges seront également présents. Entrée gratuite !  

Informations : www.nuitdeschercheurs.be
  • Nocturne au Jardin botanique (jeudi 30 septembre 2010) 

Découvrez la magie nocturne des fleurs exotiques dans les serres – dont le fabuleux Palais des Plantes -, des arbres centenaires éclairés aux flambeaux. Organisé dans le cadre des Nocturnes des Musées bruxellois.

De 17 à 22h. Entrée à prix réduit : 2.5 €;  – 26 ans 1 €.

  • Exposition d’Ikebana (les samedi 16 et dimanche 17 octobre 2010)
Découvrez les magnifiques compositions végétales de l’Ecole Sogetsu. Issue des rituels bouddhistes, un souffle de spiritualité continue aujourd’hui d’inspirer cet art floral qui présente des montages où l’asymétrie et l’usage explicite du vide ajoutent leur touche à ce qu’offre la nature spontanée. Atsuko Berma, qui enseigne cet art aux quatre coins du monde, exposera ses réalisations et celles de ses élèves. Exposition gratuite avec le ticket d’entrée.

Musa est le nom scientifique du bananier.



  • L’arbre de feu, le parrotie de Perse

Chaque année, vers la mi-octobre, le parrotie de Perse (Parrotia persica) «prend feu»:  simultanément oranges, jaunes, rouge ardent, ses feuilles poétiquement incendiaires attirent irrésistiblement le regard. Originaire du Nord de l’Iran (la Perse antique), l’espèce a été introduite en Europe au 19ème s. Le tronc au bois très dur est utilisé pour servir de poteaux téléphoniques en Iran. En effet, dans la nature, il peut atteindre 12 m de haut alors que dans nos jardins, il dépasse rarement la hauteur d’un gros buisson. Avec l’âge, des lambeaux d’écorce disparaissent, offrant une jolie moucheture de bruns bigarrés, un peu comme les platanes. C’est en hiver qu’apparaissent les petites fleurs d’un rouge rubis gainées de bronze.

Plusieurs parroties attendent votre visite au Jardin botanique. Le plus beau spécimen se trouve dans les massifs près de l’entrée de la Serre méditerranéenne. Son port est celui d’une croissance naturelle, et son tronc de 193 cm de diamètre fait de lui le plus gros arbre de son espèce en Belgique. Un vrai champion !
Musa est le nom scientifique du bananier.

  • Le sureau, un allié contre les rhumes

Le crachin et le vent sont revenus, prémunissez-vous de leurs effets fâcheurs sur les voies respiratoires avec le sirop de sureau. Ce produit naturel au goût agréable accélère la guérison des rhumes et des refroidissements si fréquents au changement de saison : mélangez un volume de sirop avec un volume d’eau, portez à ébullition et buvez très chaud. L’ajout à cette boisson d’un clou de girofle la rend encore plus efficace. Vous pouvez aussi ajouter un trait de sirop à votre thé.

La Boutique vous propose le flacon de sirop de sureau de 190 ml pour seulement 5 €.

Musa est le nom scientifique du bananier.

Editeur
Jardin botanique national de Belgique

Musa est réalisé par le Service Educatif avec la collaboration de la cellule informatique.

Rédacteur en chef
Dr. Gert Ausloos
Photos
Jardin botanique national de Belgique et Tom Linster

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