n° 41, printemps 2015
Meise, le Jardin aux 18.000 plantes!
Musa est le nom scientifique du bananier.


  • 300 nouvelles espèces de diatomées décrites en 15 ans !

Bart Van de Vijver est chercheur au Jardin botanique Meise. Depuis plus de 15 ans, il consacre ses recherches aux diatomées, de microscopiques algues unicellulaires englobées dans une petite boîte de silice. Cette année, il vient de décrire sa 300ème nouvelle espèce pour la science. Elle porte le nom de Halamphora ausloosiana en hommage à son collègue et ami Gert Ausloos, responsable du service éducatif au Jardin botanique Meise et décédé inopinément le 2 mars 2014. Halamphora ausloosiana, comme 75% des nouvelles espèces décrites par Bart Van de Vijver, provient des régions antarctiques où notre chercheur mène régulièrement des recherches scientifiques. Il revient d’une nouvelle mission de deux semaines qu’il a effectuée en février dernier sur l’île de la Déception (Shetland du Sud) et qui verra peut-être de nouvelles espèces rejoindre la longue liste de celles déjà découvertes en terre antarctique. Mais ses recherches lui ont permis également de décrire de nouvelles diatomées sur tous les autres continents… et même 3 nouvelles espèces qui ont été découvertes dans notre Jardin botanique !



  • Des jeunes en service citoyen au Jardin botanique

Depuis fin 2014, le Jardin botanique est reconnu comme organisme d’accueil pour des jeunes en service citoyen. Le service citoyen est une période de six mois durant laquelle un jeune s’engage dans des actions d’intérêt public. Le service citoyen est parfois également pour ces jeunes une période de transition et d’orientation entre les études et la vie active. Notre institution offre un mentor et un cadre dans lequel le jeune se consacre à son projet principal tout en participant à la mission du Jardin botanique : « Explorer, étudier et décrire le monde végétal, le préserver et le faire connaître pour construire ensemble un avenir durable. » Pour encourager l'aspect collectif, la Plateforme pour le Service Citoyen organise également des activités communes. C’est ainsi qu’à la fin de l’année dernière, une poignée de jeunes ont pu participer, durant une journée, avec des volontaires du Jardin botanique, aux préparatifs de « Flori Mundi, le spectacle des orchidées » (voir photo). En ce moment, deux jeunes sont engagés dans un projet de numérisation des herbiers et des projets de plantations dans les collections de plein air du Jardin botanique. Un « win-win » qui promeut également la cohésion sociale et une dynamique durable dans notre société.



  • Visite princière de l’Année de Flore

Le 21 janvier dernier, la Princesse Astrid est venue visiter l'exposition Bruxelles, capitale de Flore, qui a occupé les espaces des halles Saint Géry de décembre 2014 à la fin du mois de février 2015. Cet événement, patronné par S.M. la Reine Paola, constituait l'apogée de l'Année de Flore, lancée quelques mois auparavant. Il s'agissait, par cette organisation à visages multiples, de rappeler le riche passé horticole de la capitale-région. Qui, en effet, sait encore qu'elle fut un haut lieu international de l'horticulture? Qui sait que certains des importateurs de plantes les plus renommés du XIXe siècle s'y étaient installés? Qui sait encore que des naturalistes-collecteurs sont partis de cette ville pour les forêts tropicales? Qui imagine que Bruxelles bruissait alors d'une passion horticole si vive qu'y coexistaient la Société royale de Flore, la Société royale Linnéenne, un jardin botanique, un zoo à vocation partiellement horticole, des sociétés horticoles créées dans les faubourgs... Un marché et une vie associative d'un extraordinaire dynamisme étaient directement liés à cet engouement des élites sociales pour les plantes et le jardin. Le Jardin botanique a été largement impliqué dans l'Année de Flore. Les diverses expertises et collections qui font la richesse de notre institution ont été, dans ce cadre, à ce point exploitées qu'il paraît justifié d'affirmer que tant l'Année de Flore que l'exposition n'auraient jamais eu lieu sans elles...

  • La serre Balat restaurée

En 1854, l'architecte du roi Léopold II, Alphonse Balat, dessine une serre pour la culture du nénuphar géant, Victoria amazonica, récemment découvert en Amérique tropicale. Cette serre, qui est incontestablement l'une des plus remarquables de Belgique, a été construite à l'origine au zoo de Bruxelles dans le parc Léopold ; elle fut par la suite déménagée à deux reprises : une première fois vers l'ancienne implantation du Jardin botanique au centre de Bruxelles, puis, en 1941, vers le nouveau site du Jardin botanique à Meise. À la suite du manque d'investissement et faute d'un entretien approprié durant les trente dernières années, l'édifice se trouvait dans un état de délabrement déplorable et sa structure exigeait une restauration urgente. 2014 a sonné la fin de cette regrettable situation. Une firme spécialisée dans la restauration à l'ancienne a réalisé les travaux sous la supervision du service technique et de l'architecte paysagiste du Jardin botanique, qui avait établi le cahier des charges et a assuré le suivi du projet. Le processus de restauration a commencé par le démontage des vitres et le sablage de la structure métallique. L'étape suivante a consisté à appliquer trois couches successives de peinture et à fixer les vitres sur les châssis avec un nouveau mastic blanc, composé d'un mélange d'huile de lin et de chaux pour assurer la flexibilité de l'ensemble. C'est ainsi que la serre qui se trouvait dans un triste état est redevenue une véritable œuvre d'art au cœur de l'Herbetum du Jardin botanique et a retrouvé son rang parmi les fleurons de notre pays.




  • Coup de froid dans les collections

Le Jardin botanique possède environ quatre millions de spécimens végétaux séchés, principalement sous forme d'herbier, provenant du monde entier. L'une des principales missions de notre Jardin est de conserver cette riche collection à des fins de recherche scientifique. Leur conservation n'est pas une tâche simple. Un des plus grands problèmes concerne les insectes ravageurs comme avec la vrillette du pain (Stegobium paniceum) qui est extrêmement difficile à éradiquer. Le moyen le plus efficace de préserver un herbier est de maintenir une humidité et une température peu élevées et constantes, une option qui n'est pas applicable dans le bâtiment actuel du Jardin botanique. Après avoir comparé plusieurs techniques, la congélation s'est révélée être la meilleure méthode pour tuer les insectes. En automne 2013, une grande chambre de congélation d’environ 60 m³ a été installée dans le bâtiment de l'herbier. Elle est utilisée pour frigorifier les échantillons durant une semaine, une période qui est suffisante pour tuer les insectes. La procédure de congélation de toute la collection est prévue sur deux ans. Une fois terminé, le processus sera renouvelé une seconde fois. À la fin de l'année 2014, environ 60% de nos spécimens de plantes vasculaires avaient déjà subi un traitement de ce type. À ce jour, les résultats démontrent que le processus de congélation est très efficace : après huit mois, les échantillons traités restent exempts d'organismes nuisibles.

Musa est le nom scientifique du bananier.



Musa est le nom scientifique du bananier.



  • Les euphorbes

Le groupe des euphorbes est gigantesque avec plus de 2000 espèces répertoriées. Le nom se réfère au suc laiteux, toxique et irritant, que possèdent presque tous leurs représentants. Le nom de genre "Euphorbia" provient de Euphorbos, le médecin personnel de Juda, le roi de Numidie, qui a décrit au 1er siècle avant JC, les propriétés laxatives de la plante. Les euphorbes se rencontrent sur tous les continents. En Europe, la plupart des espèces sont des plantes herbacées comme l'Euphorbe des jardins (Euphorbia peplus), l'euphorbe réveille-matin (E. helioscopia) ou l'euphorbe épurge (E. lathyris). Dans les zones tropicales, elles présentent un aspect différent. De nombreuses espèces africaines prennent la niche occupée par les cactus en Amérique. Près de la moitié des euphorbes sont des plantes succulentes qui peuvent atteindre plusieurs mètres de haut comme l'euphorbe candélabre (E. trigona), par exemple, qui est connue comme plante d'intérieur en raison de sa forme élégante... Une autre plante d'intérieur, mais cette fois d'Amérique centrale, est l’étoile de Noël ou poinsettia (E. pulcherrima) dont nous avons parlé dans le dernier numéro de Musa, ou la couronne du Christ (E. milii) de Madagascar avec des épines bien saillantes et de belles bractées rouges sous la fleur. Outre la présence de latex, la structure des fleurs est commune à toutes les espèces : des bractées, des glandes nectarifères et des structures florales. L'ensemble ressemble à une fleur... mais n'est pas une vraie fleur, au sens botanique du terme. Ne manquez pas d'observer cela sous la loupe !

Musa est le nom scientifique du bananier.

  • The Flower of the European Orchid

Que vous soyez passionné d’orchidées ou simplement amateur de belles fleurs, ce très beau livre vous fera découvrir tous les aspects de ces fascinantes fleurs : morphologie, mode de fécondation, relation fleurs-pollinisateurs… Le tout illustré par des photos – et de très belles photos macro – de grande qualité technique mais aussi esthétique qui illustrent de nombreux détails.

Prix : 75 €

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  • Graines à semer

C’est le printemps et voici revenu le moment de penser aux semis ! Le Jardin botanique vous offre dans sa boutique une vaste panoplie de graines de qualité pour votre serre, jardin ou terrasse : radis, tomates, laitues, potirons, poivrons, basilic, coriandre, fleurs odorantes ou pour oiseaux… parmi des dizaines de variétés différentes.

Prix : de 1,25 à 7.00 €.

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Musa est le nom scientifique du bananier.

Editeur
Jardin botanique Meise

Musa est réalisé par le Service Educatif avec la collaboration de la cellule informatique.

Rédacteur en chef
Koen Es
Photos
Jardin botanique Meise, Constance le Hardy.

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