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2013 - Out of Africa : dispersion transocéanique récente d’espèces végétales vers Madagascar | Nederlands

Congo Madagascar, qui faisait jadis partie de l’ancien supercontinent Gondwana, s’est séparé de l’Afrique de l’Est il y a 160 millions d’années, et ensuite de l’Antarctique et de l’Inde, pour demeurer solitaire dans l’Océan Indien depuis 80 millions d’années. Ce long isolement exclut toute possibilité que des plantes à fleurs aient pu se trouver sur l’île avant la séparation, puisque ce groupe ne s’est développé que plus récemment. Pourtant, malgré ce long isolement, Madagascar abrite aujourd’hui plus de 12.000 espèces de plantes, la plupart endémiques, ce qui fait de cette flore une des plus diversifiées de la planète. D’où sont venues toutes ces plantes uniques constituant la flore malgache ?

Nous avons entrepris l’étude moléculaire du genre pantropical Ixora qui, avec ses quelque 530 espèces, constitue un des plus grands genres de la famille du caféier. Environ 40 espèces d’Ixora existent en Afrique et une autre quarantaine sont endémiques de Madagascar. Notre étude a montré que les espèces malgaches d’Ixora appartiennent à deux lignées d’âge différent. Cela signifie qu’au moins un épisode de dispersion s’est produit, de l’Afrique de l’Est vers Madagascar, à travers le canal du Mozambique, il y a quelque huit millions d’années. Une fois implanté à Madagascar, Ixora a commencé une radiation rapide, colonisant cette île nouvelle et s’adaptant à ses différentes niches. Ainsi, les espèces malgaches d’Ixora sont des endémiques récentes, qui ont évolué sur place après leur dispersion transocéanique.

Les deux lignées distinctes d’Ixora malgaches montrent les mêmes innovations morphologiques, uniques au sein du genre. Ceci suggère que les mêmes pressions sélectives ont orienté l’évolution des deux groupes. En comparaison avec l’Afrique tropicale, Ixora a subi une différentiation remarquable à Madagascar. On observe une tendance à la réduction du nombre de fleurs par inflorescence, de plusieurs centaines à quelques-unes, voire une seule. De plus, la dimension des fleurs varie de façon spectaculaire, la longueur du tube de la corolle allant de 0,4 à 23 cm, selon les espèces.

Après son implantation à Madagascar, Ixora s’est diversifié en 40 espèces avec certains caractères morphologiques uniques, et cela en moins de huit millions d’années. Comment expliquer une radiation aussi rapide ? Une des forces motrices responsables des radiations rapides sont les fluctuations climatiques, que l’on sait s’être produites au Plio- et Pléistocène. Lorsque le climat devient plus sec, la surface occupée par les forêts tropicales rétrécit et se fragmente en îlots dispersés dans un paysage plus sec. Une fois isolées, les différentes populations d’une même espèce peuvent développer des caractères originaux et évoluer indépendamment jusqu’à devenir des espèces distinctes. Les pollinisateurs constituent également une force motrice pour la radiation. La diversification dans la longueur du tube des Ixora de Madagascar aura indubitablement entraîné une spécificité accrue vis-à-vis des pollinisateurs, isolant les différentes populations les unes des autres et facilitant leur évolution vers des espèces différentes.





 

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