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2013 - Outils pour la conservation et l’exploitation durable des forêts africaines : les champignons comestibles | Nederlands

Congo Les forêts ombrophiles méga-diverses d’Afrique centrale ont souvent focalisé l’attention des protecteurs de la nature, à cause de leur destruction par l’industrie du bois. Les zones forestières entourant ce qui est appelé le Bassin du Congo sont moins connues, bien qu’étant systématiquement surexploitées pour la production de charbon de bois. Ces dernières formations forestières (appelées miombos) sont adaptées à une longue saison sèche (au moins 4 mois), avec de nombreuses espèces d’arbres capables de résister aux feux de brousse.

Ces forêts sont vulnérables parce que, une fois coupées, elles se régénèrent difficilement. La pression humaine sur cet écosystème forestier est extrêmement forte, étant donné que la moitié de la population d’Afrique en dépend pour la nourriture, la médecine, le combustible, le bois de construction, etc.

Des chercheurs du Jardin botanique ont développé une méthode pour fournir des données taxonomiques et des outils pour la conservation et l’utilisation durable de ces forêts. Ces outils sont destinés à estimer la valeur des produits forestiers non ligneux, comme les champignons comestibles, une étape essentielle dans la réévaluation de la juste valeur des écosystèmes menacés et peu valorisés.

Grâce à l’utilisation de placeaux permanents, la production annuelle de champignons sauvages comestibles a été mesurée dans différents types de forêts. Cette étude a été conduite dans les forêts du Bénin (région soudanienne) et dans le Sud-est de la République démocratique du Congo (région zambézienne). Dans ces deux régions, les champignons constituent une importante source de nourriture et un revenu vital pour des millions de personnes. Les résultats de l’étude ont révélé une grande diversité en espèces comestibles dans chacune des deux régions. La majorité de ces champignons sont des symbiontes ectomycorhiziques, c.-à-d. obligatoirement associés avec le système racinaire d’arbres vivants. La composition en espèces semble dépendre du type de forêt. Notre étude a révélé que les chanterelles dominent dans la région zambézienne alors que la région soudanienne est dominée par les lactaires.

La production de champignons varie de 100 à 300 kg/ha/an, en fonction de l’espèce et du type de forêt. Si seulement 10 % des champignons produits atteignaient le marché pour y être vendus, à un prix moyen de 1 € le kg, un seul hectare de miombo rapporterait en moyenne 20 € par an. La production de charbon de bois rapporte bien davantage (300 €/ha) mais cela ne peut se produire qu’une fois parce qu’il faut 30 ans à la forêt pour se régénérer après l’abattage. En conséquence, sur le long terme, le charbon de bois ne rapporte que la moitié des revenus générés par la récolte des champignons !

Cette recherche, menée par des chercheurs du Jardin botanique démontre donc que le maintien de la forêt et l’exploitation des produits forestiers non ligneux qu’elle produit sont financièrement et culturellement bien plus avantageux que la production de charbon de bois, pour les populations locales, et que les bénéfices sur le long terme dépassent les gains à court terme.





 

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